L’islam, religion de paix ou arme de guerre ?

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« Les attentats en France et au Danemark ? Les atrocités commises par Daesh en Syrie ? Ce n’est pas “ça”, l’islam. » La rengaine est connue. Mais si l’écrasante majorité des musulmans estime ces actes contraires à leur religion, il faut bien admettre que c’est pourtant sur base du Coran que les terroristes islamistes justifi ent leurs crimes. Alors l’islam, religion de paix et d’amour ou terreau fertile au radicalisme religieux ? Tentative de réponse avec Abdessamad Belhaj, islamologue et professeur invité à l’Université catholique de Louvain.

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Article paru le 29 mai 2015 dans M… Belgique

13 novembre 2015 : fini l’insouciance

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Fini l’insouciance. Fini l’innocence. Fini le temps où l’on pouvait sortir, prendre le métro, se rendre dans des lieux publics sans crainte de se faire trucider par un fou furieux de Dieu.

Les frères Kouachi étaient des « petits joueurs ». Le 7 janvier dernier, ils s’en sont pris à des journalistes, des dessinateurs, par pure idéologie : ces derniers ayant, à leurs yeux, insulté le prophète de l’islam, ils ne méritaient qu’une sentence : la mort. L’effroi populaire fut terrible, mais, de par le choix particulièrement ciblé des victimes (en ce compris la communauté juive, véritable « canari » de nos démocraties), les Français et, plus largement, les Européens, n’y virent pas encore une menace pour leur vie et leur quotidien.

En cela, les attaques de ce vendredi 13 novembre ont quelque chose de bien plus terrifiant pour la population. Les djihadistes de Daesh ont frappé de manière indiscriminée, en utilisant les méthodes terroristes les mieux éprouvées : les attentats kamikazes. En une soirée, Paris se transforma en un « Bagdad-sur-Seine », signant, de ce fait, la fin de la relative sécurité qui caractérisait la vie en Europe.

On a beau crâner en répétant inlassablement que nous n’avons « même pas peur », rien n’est aujourd’hui plus faux. Les fêtes de Noël approchent. Qui parcourra encore les allées de la place Sainte-Catherine à Bruxelles, s’attardera devant les échoppes de breloques et de foie gras, montera dans la grande roue l’esprit tranquille ? Et cet été, qui enverra ses enfants se défouler au festival rock Werther, sans craindre qu’ils se fassent massacrer à la kalachnikov ? Sans attendre ces grands moments de réjouissance populaire, qui montera encore dans le métro ou le Thalys sans prier pour que son voisin ne soit pas un terroriste prêt à se faire exploser ? Non, vraiment, la fin de l’insouciance, c’est maintenant.

Vers un Etat autoritaire ?

Place à la peur. Au quotidien. Place, aussi, aux mesures drastiques de sécurité qui, non seulement réduiront nos libertés, mais creuseront encore un peu plus la tombe de notre « welfare state ». Car un niveau de sécurité relevé, qu’est-ce que cela va nous coûter comme blé ! Du blé que, règles d’austérité du Traité budgétaire européen obligent, il faudra bien aller chercher ailleurs : allocations sociales, pensions, soins de santé, déjà mis au régime depuis plusieurs années.

Place, aussi, aux discours autoritaires et populistes qui, pour reprendre une expression ultra-galvaudée, ne sont pas sans rappeler « les-heures-les-plus-sombres-de-l’Histoire ». Pour preuve, il n’aura pas fallu attendre 24 heures pour que la droite française, par la voix Laurent Waucquiez, nous propose la mise en place de camps d’internement (« camps de concentration », ça fait vilain) pour les personnes fichées pour radicalisme islamiste. Proposition que le Premier ministre socialiste Manuel Valls estime, quant à lui, digne d’être examinée (!). Des discours qui font, à coup sûr, le lit de l’extrême droite, puisque les électeurs préfèrent toujours l’original à la copie. Marine Le Pen présidente en 2017 ? Une funeste hypothèse qui pourrait bien se concrétiser.

Les interventions « humanitaires », moteur du djihadisme

Dans les faits, pourtant, nous n’avons cessé d’encourager le radicalisme musulman. Depuis plus de 15 ans maintenant, l’Occident, par le biais des Etats-Unis, de l’OTAN et de coalitions européennes, s’est appliqué à fouler les règles de droit international, consacrées par la Charte de l’ONU, pour intervenir militairement, sous couvert d’ « ingérence humanitaire », dans des pays qui ne le menaçaient nullement. Serbie mise à part, ces interventions ont systématiquement concerné des pays musulmans. Et combien de morts pour imposer les droits de l’homme et la démocratie ? En Irak, on a largement dépassé le million. En Libye, la coalition emmenée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis a été encore plus « efficace » que Bachar Al-Assad en Syrie : 50 000 morts en trois mois (plus de 250 000 en Syrie, après presque cinq années de conflit). A chaque fois, il s’est agi de chasser un dictateur ou une mouvance qui terrorisait la population locale, pour faire émerger des gouvernements plus favorables aux intérêts de l’Occident. Mais, à chaque fois aussi, ces interventions ont plongé les pays qui en étaient victimes dans le chaos et la guerre civile.

Et l’on ne parle même pas de la guerre contre le terrorisme que les Etats-Unis mènent par drones interposés en terre arabe. C’est qu’il faut bien combattre l’hydre que l’on a engendrée (faut-il rappeler qu’à l’époque de l’Union soviétique, les Américains ont financé et armé Ben Laden, fondateur d’Al-Qaeda, dont Daesh n’est autre qu’une branche dissidente ?). Ce faisant, les Etats-Unis propagent eux-mêmes la terreur. Imagine-t-on ce que signifie de vivre avec le bourdonnement incessant de drones prêts à vous abattre à chaque instant ? Car les « bavures » sont le lot quotidien de ces populations : tout rassemblement, que ce soit pour un mariage ou une fête de village, peut être confondu avec un regroupement de terroristes. Quand ce ne sont pas carrément des hôpitaux qui sont visés, comme celui géré par Médecins Sans Frontières à Kunduz, en Afghanistan, le mois dernier.

Quelle différence entre ces victimes et celles tombées sous les balles des terroristes à Paris ? Aucune. Et comment ne pas imaginer que le jeune Arabe qui a perdu son père, sa mère ou ses sœurs dans un de ces bombardements n’ait pas ensuite envie de se venger, en s’enrôlant dans le groupe qui fait trembler l’Occident, à savoir Daesh ?

On ne parlera pas non plus de notre silence complice, lorsque ce n’est pas, comme dans le cas des Etats-Unis, un soutien franc et massif, tant diplomatique que financier, à la politique toujours plus belliqueuse d’Israël à l’encontre des Palestiniens, empêchant tout règlement pacifique du conflit et l’avènement de la seule solution durable pour cette région, à savoir la création d’un Etat binational ? Pense-t-on vraiment que cette désastreuse situation, qui dure maintenant depuis presque 70 ans, n’influence pas les musulmans d’ici et d’ailleurs, qui y voient la preuve manifeste d’une guerre que l’Occident mènerait contre le monde musulman ?

Pense-t-on aussi que notre alliance avec certains pays du Golfe, Arabie saoudite en tête, qui non contents d’appliquer la charia, massacrent allègrement leurs minorités chiites, est de nature à accréditer notre discours droit-de-l’hommiste ? Arabie saoudite avec laquelle nous continuons de commercer et déléguons en grande partie la gestion du culte musulman en Europe, par le biais de leur mainmise sur bon nombre de mosquées et l’envoi de prédicateurs salafistes ? Prédicateurs qui s’attachent précisément à distiller la même idéologie que celle qui sous-tend l’action des djihadistes…

Lien entre discriminations et radicalisme

Il n’y a pas qu’à l’étranger que nos gouvernements ont lamentablement échoué à endiguer le terrorisme. Ici aussi, des mesures fortes auraient pu être prises. En amont, et pas uniquement en aval, lorsqu’on compte les morts et que l’on se demande combien de policiers, voire de militaires supplémentaires, il faudra envoyer dans nos rues pour assurer la sécurité des citoyens. Car le radicalisme a trouvé un terreau des plus fertiles dans les discriminations que subissent les populations arabo-musulmanes en Europe.

Discriminations dans l’enseignement, où les jeunes, souvent issus de familles pauvres et ne pouvant pas forcément les épauler dans leurs études, sont, plus souvent qu’à leur tour, dirigés vers les filières de l’enseignement technique.

Discrimination à l’embauche, aussi. Etonnant, tout de même, de trouver tant de noirs et d’Arabes parmi les vigiles des grandes enseignes, les chauffeurs de bus, les éboueurs et les balayeurs de rue. D’autant plus étonnant lorsqu’on discute avec certains qui vous avouent être diplômés de l’enseignement supérieur, mais n’avoir jamais réussi à trouver de travail dans leur domaine. Sans compter, aussi, les difficultés pour obtenir un logement, les contrôles au faciès, les refoulements à l’entrée des bars et des discothèques…

Bien sûr, les discriminations n’expliquent pas tout et ne justifient certainement pas que des jeunes se fassent sauter ici ou aillent décapiter des innocents en Syrie. Mais je ne peux m’empêcher de songer à cette étude réalisée par l’économiste Olivier Derruine, qui met en évidence la corrélation entre taux de discrimination à l’embauche et nombre de départs vers l’Irak et la Syrie. Dans les deux cas, la Belgique, mais aussi la France, se positionne clairement dans le peloton de tête des pays européens. Or, ces discriminations nourrissent les djihadistes pour attiser la haine envers les non-musulmans.

Je ne peux pas non plus m’empêcher de me remémorer cette émission des « Experts », sur Télé-Bruxelles, dans laquelle deux élus de la capitale ont eu cette attitude si emblématique de la position des politiques belges en la matière. Alors que je relevais la corrélation entre discriminations et radicalisation religieuse, tant le bourgmestre Saint-Gilles, Charles Picqué (PS), que celui de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (Défi, anciennement FDF), n’eurent aucun mal à reconnaître l’existence d’un tel rapport de cause à effet. Mais de proposition pour y mettre fin, il n’y en eut aucune. C’était au lendemain des attentats du 7 janvier. Circulez, Messieurs-Dames. Passons rapidement à autre chose et, surtout, continuons comme si de rien n’était.

Le pire, c’est qu’il y a, aujourd’hui, toutes les raisons de craindre que cette politique de l’autruche perdure, puisque les discours politiques entendus jusqu’à présent portent tous sur la question de la sécurité, jamais sur celle de la prévention contre le radicalisme. La prévention ne peut pas tout, certes, et la sécurité est primordiale. Mais, dans les circonstances actuelles, on pourrait néanmoins espérer que l’on mette TOUTES les chances de notre côté pour combattre le djihadisme.

Vers une guerre civile ?

Pour toutes ces raisons, nous pouvons d’ores et déjà nous habituer à l’idée que la peur fera désormais partie de notre quotidien. Oh, bien sûr, pas dans la même mesure que certaines populations du Moyen-Orient et d’Asie qui vivent sous la menace constante des drones, mais quand même.

La peur, donc. Le soupçon, aussi, lorsque, abreuvés de discours sur le « choc des civilisations » et le retour des « guerres de religion », le citoyen « blanc-bleu belge » ou le « Français de Gaule » jaugera avec méfiance son épicier d’origine maghrébine qui aura omis de se raser de près, ou le réfugié syrien qui, c’est le comble, est peut-être venu dans notre pays pour justement fuir la barbarie des Daechiens. Jusqu’à l’étincelle finale. Une poignée de fachos dérangés qui prennent les armes, des musulmans qui répliquent… C’est ainsi que démarrent les guerres civiles. Et c’est précisément la stratégie d’Al-Qaeda et du groupe Etat Islamique (comme l’a très justement expliqué, dans un article paru dans M… Belgique, l’ancien chef de service des renseignements français, Alain Chouet) : pousser, à coup d’attentats, les populations européennes à se retourner contre les musulmans, pour inciter ces derniers à venir grossir les rangs des djihadistes. Une lugubre perspective qui ressemble de moins en moins à une fiction.

Millenium Djihad

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Pour les djihadistes de Daesh, Al Qaeda & Co, le temps presse. Les guerres au Moyen-Orient sont le signe de la fi n des temps. D’où l’urgence à rétablir le califat pour hâter la venue du Messie. Ces élucubrations ont un nom : le millénarisme. Une fumeuse théorie ésotérique qui existe aussi dans le judaïsme et le christianisme.

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Article publié le 3 avril 2015 dans M… Belgique